Expliquez-moi. J'aimerais comprendre. Je ne vois plus. Je n'entends plus. Je ressents juste une vive douleur. Qui hurle en moi. Je voudrais m'introduire dans sa tête, juste l'espace d'un instant, pour comprendre ce qu'il s'y passe. Je voudrais que vous m'expliquiez, mais vous ne le pouvez pas. Seul lui pourrait. Et il ne le fait pas. Tantôt distant, tantôt proche. C'est injuste vous savez. De voir son bonheur à quelques pas et de ne pas pouvoir faire ces quelques mètres qui vous séparent de lui. Certains passent leur temps à chercher le bonheur. Je l'ai trouvé. Je le vois, tellement clairement. Mais il ne m'est pas destiné. C'est un supplice. C'est voir une oasis en plein désert, c'est être pris dans des sables mouvants sans pouvoir en bouger, sans même pouvoir espérer s'en sortir. C'est voir l'eau et avoir la gorge sèche au point de faire n'importe quoi pour avaler ne serait-ce qu'une goutte, c'est voir tout l'or du monde inaccessible lorsqu'on n'a pas un sou en poche.
Laissez-moi vous expliquer.
Moi, je déambulais dans la vie, à la recherche des petites joies de la vie, et espérant juste un peu avoir la chance de toucher au Bonheur véritable. Et lorsque je n'y croyais plus, que je m'étais résolue, et que je n'attendais plus rien, le bonheur s'est offert à moi. Je me dirige donc lentement vers lui, n'étant pas trop sûre de ne pas me tromper...Puis, quand je deviens plus sûre de moi, et que je ne suis plus qu'à quelques pas, une barrière se dresse entre le bonheur et moi. Une de ces barrières qui n'ont l'air de rien, mais qui résistent à tout...
Cette histoire, aussi pathétique qu'elle puisse paraître, est la mienne. Peu importe la métaphore. La barrière, le bonheur, l'oasis, ou l'or ne sont que des images pour tenter de soulager ma peine en vous la faisant comprendre. Je crois juste que je l'aime. Je n'aime pas vous dire ça. Je n'aime pas me le dire. Une fois de plus, tout ça est impossible, et c'est encore plus douloureux si je veux bien admettre qu'il est plus que ce que je dis. Mais j'aurais beau le cacher, essayer de m'en empêcher, comme j'ai l'habitude de le faire, il n'en restera pas moins que plus il m'apparaît inaccessible, plus je ressents le besoin de l'avoir près de moi. Essayez de comprendre. J'ai perdu une partie de moi il y a maintenant 2 ans, et j'ai le sentiment de l'avoir retrouvé depuis qu'il est là. Ca peut paraître fou, exagéré. Ca l'est. Oui, ça l'est. J'ai bien tenté de me raisonner, de me dire que ça n'était pas possible. Il n'y avait aucune raison. Il n'était pas grand chose, je ne le connaissais pas si bien que ça. Mais vous voyez bien, je n'arrive pas même à écrire de la même façon que d'habitude. Avec des images, des jolis mots, des phrases recherchées. Là je n'y arrive pas, c'est trop complexe pour moi. Je sais juste qu'il est là, que je ne suis pas loin, mais que je ne pourrais sans doute jamais être aussi proche que ce dont j'ai besoin. °Elle° m'en empêche. De l'extérieur ça a vraiment l'apparence d'une situation puérile, on doit se dire que depuis longtemps j'aurais dû dépasser ce stade. Mais vous ne comprenez pas. Vous ne savez pas. Ce qu'il se passe quand il se loge au creux de mes pensées. Quand j'imagine. Quand je rêve. De respirer sa peau. Quand je me dis qu'il pourrait être à mes côtés au lieu d'être aux siens. Dans ces moments, un sentiment douloureux s'impose à moi : la bien connue jalousie...Et pourtant j'excècre la jalousie excessive, destructrice de bien trop de couples. Celle là n'est destructrice que de moi. C'est déjà trop j'en ai conscience. Elle m'apporte cauchemards et tristesse. Et aussi ce sentiment d'injustice. Sans compter ce mal-être.
J'aimerais tellement qu'un jour, tous les rêves, tous les souhaits que je fais seront ma réalité. J'espère un jour pouvoir lui dire "je t'aime"...ça fait tellement longtemps. Que je ne l'ai pas autant voulu...